Nu, les mains derrière la tête (vertical et horizontal), 1892

SÉGUIN Armand

Nu, les mains derrière la tête (vertical et horizontal), 1892

Description de l'oeuvre

SÉGUIN Armand
Paris 1869 † 1903 Châteauneuf-du-Faou
Deux gravures originales à l'eau-forte et à l'aquatinte, imprimées sur une même feuille.
Respectivement : H161xL63mm et H81xL104mm. [H219xL307mm].
Rousseurs claires éparses.
Field, Strauss et Wagstaff, n°76 (II/II)

Épreuve sur vergé crème Arches de l’état définitif, avec les traits d’eau-forte ajoutés sur l’aquatinte dans le sujet vertical.

Exceptionnel exemplaire, dédicacé “à l'ami Lautrec” et signé au crayon par l'artiste.

Toutes marges.

Une épreuve similaire à la nôtre, dédiée “à l’ami Chaudet / A. Seguin 93”, est conservée au Musée d'Art d'Indianapolis (inv.1998.217).

Recherches graphiques: Ces deux nus, que Séguin imprima également sur des feuilles séparées, sont le fruit d’une intense période de création. Durant l’hiver 1891-1892, le jeune peintre grave fiévreusement à l’eau-forte : “je n’ai jamais été aussi emballé avec l’eau-forte, du soir au matin et du matin au soir”, confie-t-il, le 26 décembre 1891, à son ami Eric Forbes Robertson. Exécutés en Bretagne à l’été 1892, nos sujets présentent de grands écarts techniques, preuves des recherches et expériences poursuivies sans relâche par l’artiste. La morsure profonde des traits d’eau-forte du sujet vertical, son grain épais, contrastent de manière saisissante avec l’aquatinte légère, raffinée, du sujet horizontal, aux cernes nets et modelés délicats. La facture assagie de ce dernier n’est pas sans évoquer le travail d’Henri Delavallée (1862-1943), avec qui Séguin séjourna à Pont-Aven. Le nu de gauche, quant à lui, âpre et presque brutal, donne le sentiment d’un véritable lâcher prise. Contrairement à l’usage, l’artiste coucha d’abord ses aplats d’aquatinte, avant d'y graver ses traits d’eau-forte.

 

Influence de Toulouse-Lautrec : Séguin, faute de moyens, imprimait lui-même ses plaques. Il en tirait un nombre assez restreint d’exemplaires, s’en servant à l’occasion de monnaie d’échange. Il en dédicaça à ses pairs : notamment à Georges Chaudet, Henri-Gabriel Ibels, Toulouse-Lautrec. Séguin fait la connaissance de ce dernier au tout début des années 1890, peut-être par l’entremise d’Emile Bernard, rencontré en 1892 à Pont-Aven. Durant cette période, les contours ondulants de ses figures gravées et dessinées dénotent encore une nette influence du maître d’Albi, dont il reprend avec talent les thématiques des cafés, et les personnages aux expressions grimaçantes (Femme assise avec un chapeau à Plume ; En chemin de fer ; Homme au Chapeau, 1891-1892). Sans doute doit-il à son aîné le caractère décomplexé et frontal de ses deux nus.

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CAT XXXII n°16